The eye : on feerme !

Posted under Freenäutil le Jeudi 13 octobre 2016 at 13 h 24 min



Je voulais faire comprendre ma démarche, le pourquoi, le comment de cette fermeture de l’œil et n’ayant pas toujours les mots, j’ai échangé à ce propos avec quelqu’un qui me connaît très bien, assez pour ne pas trahir ma parole et pour pouvoir parler en mon nom,

et donc voici ce que je voulais dire, vous dire : )

 

‘’Tout ce qui est immobile meurt, et la vie finalement, ce n’est rien d’autre que le mouvement. Tout change, tout se transforme et rien ne dure à l’identique, que ça soit la météo, les sentiments, l’Histoire .. C’est porté par cette logique naturelle que j’ai décidé de fermer l’œil. J’aimerai revenir d’abord sur le sens de sa création, même si chacun est parfaitement libre d’interpréter les choses comme il le sent.
L’oeil avait pour vocation d’amener à la fois un peu de poésie à ce bâtiment chargé de symbole : il regardait et était regardé par la mer, et cette valse au milieu des vents et des marées me semblait contenir toute la puissance poétique de ce lieu semi sauvage. Et puis il évoquait aussi la question du nucléaire. Peu de gens en ont parlé ou l’on même remarqué, mais il y avait dans la pupille le reflet face à face de la silhouette des bâtiments de la centrale de Flamanville. Un débat, une question, une colère, une impuissance bref, tous ces mouvements de pensées à propos du nucléaire étaient un peu là, tapis au fond de cette pupille grande ouverte, lucide, balayée par les vents. Il appartient à chacun de se débattre avec ce sujet, puis-je mordre la main qui me nourrit, dois-je penser à long terme pour ceux qui ne seront plus là, où à court terme en sachant les risques potentiels, puis-je laisser faire et vivre ma vie ? En tout cas, le côté intemporel et poétique de cette fresque s’est largement entremêlé avec cette autre interrogation, cruciale et plus que jamais actuelle.
Il y a aussi dans la façon d’avoir pensé et réalisé cet oeil, le rapport à ma passion qui est le graff.
Cette passion relève d’une discipline technique qui se travaille des années durant, et d’une éthique qui a ses codes, ses philosophies et ses exigences.
Il y a quelque chose de l’ordre de la créativité, de la spontanéité et de la liberté dans la pratique du graff qui peut se mêler à des supports de tout type, naturel ou urbains. C’est à dire : partout. Et même au sein de projets travaillés et cadrés, il y a toujours en amont cette impulsion qui ne tient compte ni de la notoriété, ni de l’argent, ni de quelques retombées que ce soit. L’idée d’un graff nait par la pratique du monde, par son observation, par des déambulements répétés sans but précis. Et au terme d’un processus immaîtrisable, quelque chose sort de l’esprit, se matérialise et se pose ‘’sans dieu ni maître’’ à l’endroit choisi. Cet acte créatif est aléatoire, parfois illégal et relève d’une liberté d’expression particulière. On dit que le saltimbanque est pauvre, mais n’est-il pas aussi riche d’autre chose ? Il est aussi mobile, spontané et riche d’une liberté artistique qui n’a d’autres buts que de jouer avec la nature, avec la ville, avec tout support pouvant recevoir l’impulsion, le trait, le graff du moment. Et puis la destinée du graff c’est de laisser la place, de se stratifier comme les couches de terre en géologie : un, puis un, puis encore un autre après lui.
Et puis en effaçant ce graff je voulais un peu interroger le rapport au temps, le ‘’j’irais voir, j’irais faire demain’’, poser la question de l’immédiateté d’un désir, que ce soit de nature ou autre chose qui étofferait l’âme, et qu’on remet à plus tard (je sais que plein de gens ont eu envie d’aller le voir et on reporté à plus tard, que ce soit pour d’autres graffes que le mien d’ailleurs). Repenser le temps et ce qu’on en fait, c’est essayer de remettre en route des mouvements grippés par l’habitude, et qui nous empêchent de voir la poésie, de faire des choses qui la nourrisse.
Alors voilà, pratiquer cette discipline c’est pour moi être aux prises avec le mouvement de la vie, savoir tout laisser pour tout redécouvrir ailleurs et laisser sa place aux suivants, laisser à d’autres et à d’autres encore après eux, que tout s’entrelace et se recouvre en couches de bombe, de poésie, de subversion, de création. Adios l’œil’’.
Bonne suite à la vie !

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I just wanted to try, to invite you all to understand my approach, the why, the how of the closure of the eye, and because I do not always have the words, I was having a conversation about it with someone who knows me well enough to not betray my word and be able to speak in my name,

so here’s what I meant to say to you : )

 » All that is immobile or motionless dies, and life ultimately  is maybe nothing more than the movement. Everything change and nothing stays alike, you can see that it weather, feelings, History .. It is carried inside by this natural logic, that I decided to close the Eye. But I would like to return first to the meaning of his creation, even if everybod is perfectly free to interpret things the way he feels.

The eye was intended to bring at first a little poetry in this building loaded of symbol: he looked and was regarded by the sea, this waltz amid the winds and tides seemed to contain all the poetic power than carried inside this semi wilderness land. Then, it is also referred to the nuclear issue. Just a few people have even noticed, but  in the pupil reflection was the silhouette of the face to face buildings of the Nuclear factory of Flamanville. A debate, a question, an anger, an helplessness in brief, all those movements of thoughts about the nuclear were a little there, lying on the bottom of this windswepted iris, who was wide open and lucid. Everyone is struggling with this nuclear problem, regarding the factories that we have in that area .. should I bite the hand that feeds me, do I prefer thinking in long term for those who will succeed me, or more in short term even knowing the potential risks, can I juste let that happen and live my life ? In any case, the timeless and poetic side of this fresco was largely intermixed with that other question, crucial more than ever today.

There is also, in the way I have thought and realized that eye, the report of my passion, the graffiti.

This passion of that technical discipline lives in me for years, and live in me too his ethic, codes, , philosophies and requirements.

There is something about creativity, spontaneity and freedom in the practice of graffiti for me, because that can  be mingled with any type of support, natural or urban.  Well in fact : everywhere. or some impact whatsoever. And  even if you have some regular and precise projects, it is something more important than money  or notoriety or anything else. Nothing just creation. The idea of a graff can be born by the practice of the world, by his observation, by repeated aimlessly wanderings. And, like in a lots of different type of art, after an uncontrollable process, something  come out of the mind and arises  » without god nor master  » in the chosen location. This creative act is randomised, sometimes illegal and belongs of a particular  kind of free expression. The pictural troubadour, the graff minstrel and in general the post-modern saltimbanque, people said generally that they’re poor,  but aren’t there also rich of something else ? He is also mobile, spontaneous and full of artistic freedom that hasn’t other purposes than playing with nature, with the city, with any medium that can receive the impetus, the line, the graffiti of the moment.. And the destiny of graffiti is to go away, to be stratified like layers of earth geology: one, then  another one, and another after him.

And, by  erasing this graff, I wanted to question the relationship that we have with time, the  » I’d go, I do it tomorrow,  » well, the question of the immediacy of desire, desire of nature or other things that would expand the soul, and that postpones (I know lots of people wanted to go see him and postponed it, either to other graffes than mine elsewhere). Rethinking the time and what is done is try to re-route movement seized by habit, who prevent us from seeing poetry, ordoing things that feed it.

So to practice this discipline is for me to struggle with the movement of life, to leave everything to rediscover elsewhere and leave the place to the following, the others and others after them, be convice that life is there, in the middle of all  those interlaces and  than everything will be overlaps by bomb layers,  by poetry, subversion, creation. Adios  the eye  ». And welcome to another life !

 

 

näutil


©
 Corlays Cyrille






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